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Université de Nantes


Pluridisciplinaire, l'université de Nantes est la 2e université française par le nombre de ses étudiants. Premier pôle d'enseignement supérieur et de recherche du Grand Ouest, l'Université de Nantes est présente sur trois sites :
Nantes en Loire Atlantique ;
Saint-Nazaire en Loire Atlantique ;
La Roche-sur-Yon en Vendée.

Son histoire

Création

Formée des facultés des arts, des droits canons et civils, de médecine et de théologie, l'université accordée par le pape Pie II le 4 avril 1460, était avant tout celle du Duché de Bretagne, véritable Etat jouissant d'une indépendance de fait, depuis l'avènement au XVe siècle, de la dynastie des Montfort. A la cour de ces princes, nombreux étaient les diplômés de l'université d'Angers ou de Paris qui jouaient le rôle d'experts. La création d'une université était donc pour les Ducs de Bretagne, non seulement un moyen d'assurer sur place la formation des cadres, mais aussi d'affirmer le pouvoir ducal.

 

Réalisation

Il fallut néanmoins une cinquantaine d'années pour l'obtenir. La reconnaissance par les ducs bretons de l'autorité des papes d'Avignon au moment du Grand Schisme leur avait fait refuser par le Saint Siège la fondation d'une faculté de théologie lors des trois premières bulles de 1414, 1419 et 1440 qui, cependant, reconnaissaient toutes l'intérêt que Nantes , à cause de la proximité de la mer et de la situation de cette ville, ainsi que la fertilité des environs et la douceur de la température , présentait pour l'implantation de l'université.

Cette université ducale a connu plusieurs évolutions au cours de son histoire. Les facultés initiales ont leur parcours propre, en particulier celles de droit, celles de théologie et celle de médecine.

 

Rattachement
Trente ans seulement après sa fondation, la prise de Nantes par le roi de France Charles VIII et la dispersion des étudiants et des maîtres s'annoncent comme un prélude aux vicissitudes qu'allait connaître l'université bretonne pendant plus de quatre siècles. Voulue comme le joyau d'un duché à la veille de son rattachement à la France, l'université du duc de Bretagne François II perd très vite cette raison d'être. Incluse dans le Royaume de France, elle se trouve désormais en concurrence avec des universités beaucoup plus anciennes et infiniment plus prestigieuses. La proximité de l'université d'Angers fondée en 1306 réduit la fréquentation de celle de Nantes, inconvénient auquel s'ajoute bientôt la compétition avec Rennes pour la prépondérance sur le réseau urbain breton.
 
Fermeture
Alors que la municipalité nantaise regarde l'université comme un facteur de promotion pour la cité, Rennes appuie son développement sur la parlement de Bretagne dont elle a obtenu le transfert. Les infidélités réitérées des nantais au pouvoir royal, d'abord au temps du duc de Mercoeur contre le roi Henri IV, puis en 1720, lors de la conspiration de Pontcallec, font le jeu de leurs concurrents. Rennes conquiert la prédominance administrative et juridique, tandis que Nantes joue la carte de l'ouverture atlantique et du commerce international. Cette lutte d'influence, longtemps contenue, aboutit au transfert de la faculté de droit à Rennes en 1735, et à l'affaiblissement, voire la disparition (faculté de théologie) des autres facultés, jusqu'à la fermeture que l'université de Nantes subit, en même temps que toutes les universités françaises, par décret de la Convention en août 1793.

 

Son évolution

Réouverture
Le cadre nouveau créé par Napoléon Ier va changer les données et placer les enjeux universitaires au niveau national. Entre un Etat délibérément centralisateur et l’enseignement des citoyens, l’ancienne forme des universités apparaît comme un obstacle. C’est donc une entité unique et française composée de facultés réparties dans différentes villes de province qui est recréée, en 1808.
 
Médecine
Alors que la volonté d’associer les facultés de droit aux Cours d’appel joue en faveur de Rennes, le dévouement des chirurgiens et des médecins nantais dans les hôpitaux, pendant la Révolution, vaut à Nantes la fondation en 1808, d’une Ecole secondaire de médecine. Durant un siècle et demi, cet enseignement, dont le financement est entièrement supporté par la ville, sera l’argument majeur pour faire valoir les droits de la cité ligérienne à un enseignement supérieur.
Enjeu de la rivalité entre Rennes et Nantes, la Faculté mixte de médecine et de pharmacie sera la première créée en 1956.
 
Sciences
Renversant à leur avantage le portrait négatif qui faisait de Nantes une ville industrielle et commerçante par opposition à Rennes l’intellectuelle, élus et citoyens s’emploient à bâtir un enseignement en accord avec les ambitions de la cité. Tandis que l’Ecole d’hydrographie continue à assurer la formation des cadres dont a besoin cette ville portuaire et coloniale, l’Ecole préparatoire à l’enseignement supérieur des lettres et des sciences, créée en 1854, s’emploie à former des jeunes gens aux carrières industrielles et commerciales intermédiaires, selon l’esprit de la loi qui l’a fondée. Laissés pour une grande part à des initiatives privées et aux décisions de élus nantais, recherche et enseignement s’orientent naturellement dans les deux directions qui sont devenus les axes prioritaires de la région nantaise : l’agro-alimentaire avec station agronomique confiée à des chimistes et à des pharmaciens de l’Ecole de médecine, et à l’enseignement technique qui, après avoir couvert les besoins de tous les échelons d’emplois offerts par l’industrie, aboutit en 1919, à la création de l’institut polytechnique de l’Ouest (I.P.O.), première école d’ingénieurs nantaise et premier jalon vers la reconquête de l’université.


9 pôles de recherche :

  • pôle mathématiques
  • pôle sciences chimiques
  • pôle sciences de l'univers
  • pôle santé et sciences de la vie
  • pôle physique et médecine nucléaires
  • pôle sciences de l'homme et de la société
  • pôle sciences pour l'ingénieur
  • pôle sciences et technologie de l'information et de la communication


Sa refonte

Après-guerre
A la sortie de la première guerre mondiale, Nantes se dote de nouvelles institutions qui, progressivement, vont contribuer à faire émerger une entité universitaire dont l’aboutissement ne se réalisera en fait qu’au bout d’une cinquantaine d’années. Cette partie présente, à partir de témoignages et de documents inédits, un ensemble d’études qu’il convient de considérer comme des éléments de mémoire pour une histoire encore en construction.
Après avoir souligné le rôle essentiel que plusieurs institutions comme l’IPO et d’autres ont joué aux côtés de la médecine, l’ouvrage s’attache à décrire les conditions particulières de la naissance de l’université de Nantes durant la période qui s’étend de 1962 à 1970.
 
Académie

Obligée de renoncer définitivement à l’espoir d’être un jour l’université bretonne, le 29 décembre 1961, Nantes devient le centre d’une nouvelle académie, qui en séparant la Loire-Atlantique de la Bretagne, réunit le Maine et Loire, la Mayenne, la Vendée et la Sarthe soustraite de l’académie de Caen, dans une Région nouvelle.
Un tel état de fait ne peut manquer de rejaillir sur la composition du corps enseignant, accentuant la différence entre la médecine dont la longue histoire nantaise assure la force et l’ancrage au cœur de la cité, tandis que les trois facultés nouvelles (sciences, lettres, droit) s’installent sur le campus des bords de l’Erdre et règlent chacune à leur façon la constitution de leur corps enseignant.
L’université de Nantes accueille de nouveaux champs de recherche en sciences avec l’implantation de laboratoires du CNRS, puis, plus tard, en droit et en sociologie et en 1966, grâce à l’ouverture des premiers instituts universitaires de technologie, porte ainsi le double sceau de la politique gaullienne qui poursuit un projet élitiste en nourrissant l’ambition d’une démocratisation de l’enseignement supérieur.
 

Autonomie

La jeunesse même de l’université nantaise en mai 1968 explique à la fois la vigueur avec laquelle elle y participe et le fait qu’elle fut épargnée par la déchirure que connurent beaucoup de ses aînées.
Premier acte d’un grand mouvement de décentralisation, l’université, devenue autonome sous la responsabilité d’un président élu, en 1971, concrétise les ambitions régionales. Faisant écho au premier Ministre Maurice Couve de Murville qui, le 8 avril 1969, se louait de la création ici d’une université qui va se développant rapidement , Olivier Guichard salue deux ans plus tard sa volonté de communication, c’est à dire échange d’idées ou concertation entre des points de vue différents, échange d’hommes ou collaboration entre les enseignants et les professionnels .Riche d’une pluridisciplinarité qui lui permet des échanges dont elle est fière, l’université de Nantes n’oublie pas cependant qu’outre les atouts d’une recherche d’excellence qui veut se développer en symbiose avec les demandes régionales comme internationales, elle est et doit rester la gardienne des vertus humanistes pour l’enseignement desquelles elle fut fondée. L’ambition qui naguère lui fut donnée de permettre à tout homme de bien d’accéder aux perles de la science , comme le stipulait, en 1460, la bulle du pape Pie II, elle continue d’inspirer l’œuvre de culture et de science qu’elle veut poursuivre au service du plus grand nombre.